Champignon foliaire possible
Des cercles sombres, des plages grises ou une chute de feuilles après une période humide orientent vers l’œil de paon ou la cercosporiose, sans suffire à les distinguer.
Feuilles jaunes, taches, dépôt noir, amas cotonneux ou olives piquées : partez du symptôme et de son évolution pour éviter les faux diagnostics.
Des cercles sombres, des plages grises ou une chute de feuilles après une période humide orientent vers l’œil de paon ou la cercosporiose, sans suffire à les distinguer.
Un point de ponte, une galerie dans la pulpe ou une chute précoce peuvent signaler la mouche de l’olive. Ouvrez plusieurs fruits pour confirmer.
La fumagine se développe sur le miellat. Cherchez d’abord des cochenilles sous les feuilles et sur les jeunes rameaux.
Une feuille jaune ne désigne pas une maladie précise. Le même aspect peut être provoqué par un excès d’eau, une sécheresse, des racines abîmées, un épisode de froid, un ravageur ou un agent pathogène. La bonne question n’est donc pas « quel produit utiliser ? », mais « où le symptôme commence-t-il, comment progresse-t-il et qu’est-ce qui a changé récemment ? ». Cette méthode évite de traiter au hasard et permet de transmettre des informations utiles à un technicien.
Photographiez l’arbre entier, la zone atteinte et un gros plan net. Pour une feuille, prenez les deux faces ; pour un fruit, photographiez l’extérieur puis la pulpe après ouverture. Observez plusieurs rameaux et plusieurs arbres. Un symptôme limité à la partie basse n’a pas la même signification qu’un dessèchement brutal de toute la couronne.
Notez la date, les pluies récentes, les températures extrêmes, les arrosages, la taille, les travaux du sol et les éventuelles interventions. Regardez ensuite si le problème suit une ligne d’irrigation, une zone où l’eau stagne ou seulement une variété. Dans un verger, marquez les arbres concernés sur un plan. Cette répartition spatiale aide à séparer un problème de sol, souvent groupé, d’un ravageur mobile ou d’une cause climatique.
L’œil de paon produit classiquement des taches circulaires sur la face supérieure des feuilles, parfois entourées d’un halo jaune. Les feuilles atteintes peuvent tomber et dégarnir progressivement l’arbre. La maladie est favorisée par l’humidité et une ramure peu aérée. La cercosporiose peut donner un aspect plus gris ou plombé, notamment sous la feuille, avec un jaunissement de la face supérieure. À distance ou sur une photographie imprécise, la confusion reste facile.
Ramassez quelques feuilles récemment atteintes et regardez-les à la lumière. Une chute ancienne, des feuilles naturellement renouvelées ou une brûlure localisée ne doivent pas être classées automatiquement comme maladie fongique. Vérifiez aussi la densité du feuillage, la circulation de l’air et la durée pendant laquelle les feuilles restent humides. Pour un arbre de jardin, une taille raisonnable visant à aérer la couronne et une irrigation qui ne mouille pas inutilement le feuillage réduisent les conditions favorables. Dans un verger, le risque et les périodes de surveillance doivent être rapprochés des bulletins techniques locaux.
Commencez par l’eau et les racines. Une terre saturée chasse l’air du sol et peut faire jaunir les feuilles alors même que l’arbre semble « manquer d’eau ». À l’inverse, un jeune olivier dont la motte sèche peut replier son feuillage et perdre ses extrémités. Contrôlez l’humidité sous la surface, cherchez une cuvette, une fuite d’arrosage, des racines blessées par des travaux ou un collet enterré. Comparez avec un arbre voisin soumis au même climat.
Un jaunissement entre les nervures peut orienter vers un déséquilibre minéral, mais l’aspect visuel ne remplace pas une analyse de sol ou de feuilles. Ajouter un engrais sans connaître la cause peut aggraver une salinité ou masquer un problème racinaire. Les brûlures de bord, le dessèchement de rameaux et l’affaiblissement général sont également des symptômes non spécifiques.
Le dessèchement foliaire et les brûlures marginales peuvent avoir de nombreuses causes. Ils ne permettent pas, à eux seuls, de reconnaître Xylella. Cette bactérie est un organisme de quarantaine sans moyen curatif : une suspicion doit être signalée aux services officiels pour prélèvement et analyse, pas gérée par un traitement maison.
Un film noir qui se détache en frottant évoque la fumagine. Il s’agit de champignons qui se développent en surface sur le miellat sucré rejeté par certains insectes ; ce dépôt n’est pas, en lui-même, une infection profonde des tissus de l’olivier. Une couche importante réduit toutefois la lumière reçue par les feuilles et signale qu’il faut rechercher la cause du miellat.
Inspectez le dessous des feuilles et les jeunes rameaux. La femelle de la cochenille noire forme une petite carapace brun foncé, souvent marquée d’un relief en forme de H. Une population importante produit du miellat et favorise la fumagine. Évitez les gestes systématiques qui détruiraient aussi les auxiliaires : leur présence participe à la régulation. Une végétation très dense, une humidité persistante ou une fertilisation azotée excessive peuvent également favoriser le problème.
Des amas blancs cotonneux au printemps peuvent provenir du psylle de l’olivier, notamment près des inflorescences et des jeunes pousses. Leur aspect spectaculaire n’indique pas toujours un dégât grave. Regardez la quantité d’organes touchés, la vigueur de l’arbre et la présence d’insectes avant de conclure. Une floraison faible peut aussi être liée au climat, à la pollinisation, à la taille ou à l’alternance naturelle de production.
La mouche de l’olive est l’un des ravageurs majeurs du fruit. La femelle pond lorsque l’olive a atteint une taille suffisante, souvent autour de 8 à 10 millimètres selon les repères techniques de France Olive. La larve creuse ensuite une galerie dans la pulpe. Sur le fruit, recherchez un point de ponte, une zone déprimée, un trou de sortie ou une altération interne. Ouvrez plusieurs olives prises à différents endroits : une seule marque superficielle ne suffit pas.
La pression varie avec la saison, la température, la variété et le secteur. Plusieurs générations peuvent se succéder de l’été à l’automne. Le suivi repose donc sur des observations régulières et, en production, sur les réseaux de piégeage et les bulletins de santé du végétal. D’autres causes existent : choc mécanique, grêle, dessèchement, maladie du fruit ou délai de récolte trop long. Une olive molle ou brunie doit être examinée à l’intérieur avant attribution.
Pour préserver la qualité, séparez les fruits très altérés et réduisez autant que possible le délai entre récolte et trituration. Le choix d’une intervention dépend du stade, de la pression réellement mesurée et des usages autorisés au moment où elle est envisagée.
Un rameau mort après un gel ou une taille ne signifie pas que tout l’arbre est malade. Grattez très légèrement une petite zone d’écorce : un tissu vert indique une partie encore vivante, tandis qu’un tissu brun et sec confirme la nécrose locale. Recherchez une blessure, un étranglement, un chancre, des écoulements ou des galeries. Désinfectez les outils entre arbres lorsqu’une cause infectieuse est possible et ne transportez pas de bois suspect hors de la zone sans avis.
Lorsque plusieurs branches dépérissent, examinez le pied et le sol. Une asphyxie racinaire, un pourridié ou une verticilliose peuvent progresser depuis les racines ou le système vasculaire. Des travaux récents, une stagnation d’eau ou un changement d’irrigation constituent des indices importants. Un dessèchement rapide, étendu ou inhabituel justifie une expertise, d’autant plus si plusieurs arbres ou espèces végétales sont touchés.
Les chancres et excroissances du tronc demandent eux aussi une identification. Ne curetez pas profondément une lésion et n’appliquez pas de produit « au cas où » : une mauvaise manipulation peut agrandir la porte d’entrée et compliquer l’analyse.
Une observation stable sur quelques feuilles d’un arbre vigoureux peut souvent être documentée puis surveillée. Demandez un diagnostic à un pépiniériste compétent, une chambre d’agriculture, un réseau oléicole ou un laboratoire lorsque le symptôme progresse, atteint plusieurs arbres, touche le tronc ou les racines, ou menace la récolte. Pour une exploitation, rapprochez toute décision des bulletins de santé du végétal et des règles professionnelles de votre région.
Avant tout produit phytopharmaceutique, vérifiez l’usage autorisé, la culture, la cible, la dose et les conditions d’emploi dans la base officielle E-Phy de l’Anses. Une substance autrefois citée dans une fiche peut ne plus être autorisée. Le diagnostic précède toujours le choix d’une intervention ; les pratiques culturales, la taille sanitaire raisonnée et la protection des auxiliaires font partie de la stratégie.
Pour approfondir, consultez l’encyclopédie de protection des plantes ePhytia de l’INRAE. En présence d’un dépérissement inexpliqué compatible avec une suspicion réglementée, suivez les consignes du ministère sur Xylella fastidiosa. Sources consultées le 5 août 2026.
Drainage, profondeur du collet et arrosage expliquent une partie des symptômes observés sur un jeune arbre.
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