Olivier Amellau portant des fruits allongés dans un paysage languedocien
Variete

Amellau : caractéristiques de cette variété d’olivier

Variété languedocienne aux fruits en forme d’amande, l’Amellau associe un usage de table à un rôle G1 utile auprès de Lucques ou d’Olivière lorsque les floraisons concordent.

L’Amellau est une variété ancienne du Languedoc reconnaissable, parmi d’autres critères, à son fruit allongé dont le nom évoque l’amande. France Olive la rattache aux olives vertes à tournantes et la classe dans le groupe de compatibilité G1. Elle peut donc compléter une Lucques ou une Olivière G2 si leurs floraisons se recouvrent réellement.

Ce double intérêt ne dispense pas de choisir un débouché. Une olive destinée à la table ne se récolte ni ne se trie comme un fruit pour le moulin. Dans un verger de production, la demande locale, le calendrier de cueillette et l’identité du plant comptent autant que son appartenance régionale.

Comparer l’Amellau aux autres variétés →

De l’Hérault au Languedoc

Les cartes variétales de France Olive situent l’Amellau principalement dans l’Hérault et plus largement en Occitanie, avec une présence signalée dans l’Aude et le Gard. Elle fait partie du patrimoine variétal languedocien sans occuper la place dominante de la Lucques ou de l’Olivière.

Cette distinction est importante. L’INAO définit l’Huile d’olive du Languedoc comme un produit plurivariétal majoritairement composé de Lucques, d’Olivière ou de leur assemblage. France Olive range l’Amellau parmi les variétés secondaires admises par le cahier des charges. Sa présence contribue donc à un assemblage ; elle ne suffit pas à donner au lot le nom de l’appellation.

Une plantation située hors de l’aire délimitée peut parfaitement accueillir la variété, mais elle ne peut pas revendiquer l’AOP. À l’intérieur de l’aire, les proportions, l’origine des fruits et les pratiques en vigueur doivent être vérifiées auprès de l’organisme de défense et de gestion avant de dessiner un verger professionnel.

Une olive en deux voies

La présentation technique de France Olive consacrée au choix variétal décrit l’Amellau comme une olive récoltée du vert au tournant. Ce positionnement oriente d’abord vers la table. La fermeté, l’absence de coups, l’homogénéité du calibre et la rapidité de livraison deviennent alors des critères déterminants.

La variété peut aussi entrer dans une huile régionale comme composante secondaire. Il faut cependant éviter d’attribuer automatiquement à l’Amellau les arômes généraux de l’Huile d’olive du Languedoc. Ces arômes décrivent un produit d’assemblage, influencé par les variétés principales, la maturité, l’état sanitaire et le travail du moulin.

Avant de planter, demandez qui achètera ou transformera les fruits. Un atelier de confiserie peut imposer un calibre, une couleur et un délai précis. Un moulin peut fixer un minimum d’apport ou regrouper les petites quantités. Sans débouché identifié, la polyvalence annoncée risque surtout de compliquer la récolte.

Décision autour de l’Amellau : fruit de table, pollen G1 et partenaire languedocien G2
L’Amellau relie trois décisions : valoriser le fruit, fournir du pollen G1 et vérifier qu’une variété G2 fleurit au même moment.

Amellau appartient au G1

Les travaux de compatibilité publiés par France Olive placent l’Amellau dans le groupe G1. Une variété G1 ne peut féconder qu’une variété du groupe G2. Dans le Languedoc, la Lucques et l’Olivière appartiennent au G2 : l’Amellau peut donc contribuer à leur pollinisation lorsque le calendrier floral et la disposition des arbres sont adaptés.

En revanche, l’Amellau ne forme pas un couple compatible avec la Picholine, la Clermontaise, la Négrette ou le Ménudel, tous classés G1. Ces variétés peuvent cohabiter pour diversifier les récoltes, mais leur pollen ne résout pas la fécondation d’un autre arbre G1.

Le groupe génétique élimine les associations impossibles ; il ne garantit pas la nouaison. Le pollen doit être produit en quantité, rester viable, rencontrer des fleurs réceptives et être transporté jusqu’à elles. Un partenaire rare, mal réparti ou séparé par une haie dense peut rester peu efficace.

Groupe opposé obligatoire

Amellau et Clermontaise sont toutes deux G1. Associez-les à une variété G2 synchrone, pas seulement entre elles.

Lire sa floraison locale

Le rapport d’activité 2025 de France Olive place les variétés secondaires Amellau, Clermontaise et Ménudel dans une plage de floraison plutôt moyenne à l’échelle de l’AOP Languedoc. Leur période apparaît concordante avec une partie de la floraison de Lucques ou d’Olivière selon les observations du bassin.

Ce tableau est un repère régional, pas un calendrier perpétuel. Exposition, altitude, air froid, humidité et températures du printemps déplacent le début et la fin de floraison. Deux parcelles proches peuvent présenter plusieurs jours d’écart, suffisants pour réduire la fenêtre commune.

Notez chaque année le début, la pleine floraison et la chute des pétales sur plusieurs arbres. Comparez ces dates à celles de la variété G2 visée. Pour une nouvelle plantation, conservez plusieurs partenaires compatibles plutôt que de dépendre d’un seul individu placé en bordure.

Reconnaître sans certifier

France Olive cite l’Amellau parmi les noms de variétés inspirés par la forme du fruit : « amella » renvoie à l’amande. Un fruit allongé peut donc orienter l’observation, mais ce caractère n’est pas une preuve suffisante. La charge de l’arbre, l’eau et la maturité modifient la taille et les proportions.

L’identification demande de croiser fruit, noyau, feuille, port, époque de maturité et origine du matériel. Dans un vieil olivier à plusieurs troncs, des greffages anciens peuvent même réunir des identités différentes sur une apparente unité. Photographiez plusieurs organes et plusieurs saisons avant de nommer un arbre inconnu.

Pour une parcelle AOP, un verger conservatoire ou un rôle précis de pollinisation, choisissez un plant dont le matériel de départ est authentifié. Gardez étiquette et facture. Une identité supposée peut fausser à la fois l’assemblage variétal et le plan de compatibilité.

Installer un arbre cohérent

L’origine languedocienne ne rend pas l’Amellau adaptée à toute parcelle méridionale. France Olive recommande d’étudier en amont la profondeur du sol, son drainage, la disponibilité de l’eau, les couloirs de vent et l’accumulation d’air froid. Une zone humide ou un fond de cuvette reste défavorable à l’olivier.

Le jeune plant demande un arrosage suivi pendant son installation, sans maintenir la motte saturée. Un paillage peut limiter l’évaporation s’il ne touche pas le tronc. Le tuteur doit résister au vent tout en laissant un mouvement modéré, et les liens doivent être contrôlés avant qu’ils n’étranglent l’écorce.

La taille construit progressivement une couronne éclairée et accessible à la cueillette manuelle si la table est le débouché. Un arbre trop haut augmente les chocs sur les fruits et le temps de récolte. La densité doit aussi permettre de répartir les pollinisateurs G1 et G2 dans la direction des vents dominants.

Préparer le terrain et la plantation →

Quand choisir l’Amellau ?

L’Amellau est cohérente pour conserver une variété languedocienne, produire une olive verte à tournante avec un acheteur identifié ou apporter un pollen G1 à une Lucques ou une Olivière. Elle devient particulièrement intéressante lorsque ces trois fonctions peuvent se rejoindre sur la même parcelle.

Elle est moins logique comme unique arbre destiné à fructifier seul, comme pollinisatrice d’une Picholine G1 ou lorsque personne ne valorise son fruit. Comparez la Lucques G2 pour un débouché de table reconnu et l’Olivière G2 pour un projet centré sur l’huile.

France Olive détaille les groupes de compatibilité. La fiche de l’INAO sur l’Huile d’olive du Languedoc renvoie au cahier des charges actualisé.

Confirmer le débouché

Le choix entre table et moulin détermine la conduite et le calendrier de récolte.

Comparer les usages →

Questions fréquentes

Quel groupe de pollinisation pour l’Amellau ? +
L’Amellau appartient au groupe G1. Elle doit rencontrer une variété G2 dont la floraison est réellement synchrone.
Amellau peut-elle polliniser la Lucques ? +
Oui en principe, car Amellau est G1 et Lucques G2. La concordance des floraisons et la répartition des arbres doivent toutefois être vérifiées sur la parcelle.
Amellau et Clermontaise sont-elles compatibles ? +
Non pour une fécondation croisée : les deux variétés appartiennent au groupe G1. Elles ont besoin d’un partenaire G2.
L’Amellau est-elle une olive de table ? +
France Olive la présente pour une récolte verte à tournante. Elle peut aussi entrer comme variété secondaire dans une huile d’assemblage languedocienne.
Comment reconnaître une Amellau ? +
La forme d’amande du fruit est un indice, pas une certification. Croisez fruit, noyau, feuille, calendrier et provenance du plant.